Elaborons ensemble le glossaire de l’Art de Conter, de la perspective des structures qui oeuvrent à sa reconnaissance…

Le Ministère de la Culture a suggéré au RNCAP d’élaborer un glossaire propre à l’Art de Conter. Pour aboutir, le Conseil d’Administration a imaginé mettre en ligne sur son blog, un mot chaque semaine de 2024, et ouvrir les commentaires afin que chacun, chacune donne sa définition de ce mot, au regard de l’Art de Conter.

Voici un 5ème mot à définir :

Point de vue

2 Commentaires sur “Elaborons ensemble le glossaire de l’Art de Conter, de la perspective des structures qui oeuvrent à sa reconnaissance…

  1. Claire Janon says:

    Point de vue…
    1) Choisir sa place : d’où, de quel « endroit », de quelle « juste place » le conteur va-t-il raconter ? De quel endroit intérieur bien sûr.
    Va-t-il la survoler et la voir d’en haut, comme un oiseau qui plane et suit ce qui se déroule sur terre ?
    Va-t-il se placer à l’intérieur de l’histoire, s’oublier lui-même, devenir invisible pour ne nous laisser voir qu’elle ?
    Va-t-il faire un pas de côté, pour devenir clairement narrateur (qu’il décide d’être un narrateur dépossédé de sa personnalité, juste une voix incarnée ou qu’il choisisse d’être un narrateur habité, par exemple par l’humour à partager) ?

    2) Spatialité / temporalité : de quel point de vue le conteur va-t-il nous faire voir les images ? De loin, dans un champs de vision vaste, englobant des immensités de paysages, des enchaînements rapides d’évènements ? De près, nous permettant de voir des détails précis, de nous arrêter un temps dans une / des image(s) ?

    3) Incarnation : le conteur va-t-il choisir de tout nous raconter en personne, ou va-t-il par instant incarner l’un des personnages de son histoire, passer du point de vue de l’incorporation et en sortir, y revenir et en ressortir, nous ayant donné ses clés et ses codes pour le suivre ?

    Enfin, « point de vue » = « pas de vue » : le conteur (quand il est en train de conter) est non voyant. Il a le regard tourné vers l’intérieur. Il ne voit -et ne regarde- que l’histoire qui se déroule en lui, d’ailleurs elle ne lui laisse pas le choix. C’est ainsi qu’il peut la donner à voir, la rendre visible aux autres car il n’y a rien à voir : rien que la magie des images créées par la parole.

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